Objection Votre Honneur



Publié le dimanche 24 février 2008


Dimanche 24 février 2008

LE MALADE RÉDUIT À UNE SOURCE DE REVENU ET DE PROFIT

 

L’ancien ministre Michel Clair pose la question suivante suite au rapport Castonguay: « Pourquoi après sept ans et trois commissions d’études plus tard, notre système de santé est-il incapable de se mobiliser pour implanter les recommandations qui sont convergentes? »  M. Clair se donne comme réponse à sa question :    « Mes réflexions personnelle m’amènent à penser que le système de santé du Québec est un malade qui refuse les traitements » C’est une réponse qui ne mène nulle part et qui ramène automatiquement à la question : POURQUOI  le système est-il réfractaire?

 

Force est de constater l’échec de l’approche commune de l’analyse et des recommandations dont plusieurs sont convergentes. Certains correctifs proposés semblent nécessaires mais rencontrent beaucoup de résistance parce qu’ils ne tiennent compte que très accessoirement des humains qui travaillent dans le système et surtout du patient qui en est la raison d’être.

 

L’avocat Clair, le financier Ménard et l’actuaire Castonguay ont tous abordée la modernisation du système de santé en prenant le fric comme référence, auquel ils ont assujettis l’organisation, la gestion, la technologie médicale, les médicaments, les ressources humaines, la pratique médicale et parfois le patient. Pire, le financier a répété l’erreur de l’avocat et l’actuaire celles des deux autres. Pire encore le concert de réactions au rapport Castonguay ne résonne que d’argent, de compétition, productivité et de gouvernance. Tout le monde est tombé dans le même panneau.

 

Le même phénomène est ressortit dans le reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada sur le désolant dossier du CHUM. A part le Dr Guy Breton qui avait une préoccupation authentique pour le patient, tout les autres intervenants ne discutaient que d’argent et se chamaillaient comme des enfants gâtés pour avoir le dernier mot ou pour mettre la main sur la nouvelle bébelle de recherche médicale au titre ronflant de technopôle. Résultat, le choix final du Ministre Couillard, vainqueur de la chicane, n’a rien à voir avec le bien-être du patient mais tout à voir avec les intérêts financiers au centre-ville.

 

Phillippe Couillard ne sera plus Ministre de la Santé lorsque les conséquences néfastes du choix de St-Luc vont se faire jour et lorsque la réforme de la gouvernance qu’il a amorcé se soldera par un marasme semblable à celui de l’éducation. Si on lui en fait le reproche lorsqu’il aura réussi à tasser Jean Charest, il va sûrement prétendre que le site de St-Luc et la réforme étaient les bons choix mais que c’est la faute de ceux qui avaient la responsabilité de les implanter si après dix ans la situation aura continué de se détériorer.

 

Pas étonnant que les requins du profit tournent autour de la baleine publique de la santé affaiblie par l’incompétence, l’hypocrisie, l’irresponsabilité et la lâcheté des politiciens, des intervenants médicaux et des universitaires impliqués. Quelque soit l’issue de cette tragicomédie, le patient en sera toujours l’otage et la victime. Voir un malade comme source de revenu est plus payant que de le voir comme un être humain à qui on devrait consacrer temps et argent pour l’aider à guérir.

« HASTA LA VISTA, SOLIDARITY  BABY ! »


2 Commentaires :

Commentaire écrit le lundi 25 février 2008 à 21:38:37 (lien)
L\'Avocat du Diable
Vrai! C'est la tour de Babel perpétuelle.


Commentaire écrit le lundi 25 février 2008 à 10:03:29 (lien)
Accent Grave - www.accent-grave.blogspot.com
L'État répond à des demandes de services en créant des organismes. Aussitôt créés, ces organismes n'existent que pour eux-mêmes, aucun rapport avec leur réelle raison d'être.

Accent Grave


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